mode

#7 N’oubliez pas que je joue

En matière de mode le génie a très souvent des traits masculins, c’est parfois même surprenant de voir à quel point les hommes savent sublimer la femme avec leurs créations. Pour n’en citer que quelques uns, Saint Laurent, Dior, Marc Jacobs, Elie Saab, c’est eux qui font tourner la tête des femmes. Mais dans ce milieu quelques femmes ont su tirer leur épingle du jeu pour devenir elles aussi des légendes. Parmi elles, Sonia Rykiel, cette créatrice haute en couleur dont le pull over est devenu la marque de fabrique.

Image

Il y’a quelques temps, en pleine recherche de nouveaux bouquins, je suis tombée sur le livre de Judith Perrignon écrit en collaboration avec Sonia Rykiel « N’oubliez pas que je joue ». En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je rentrais chez moi avec. Bien que je connaisse les créations de Rykiel je ne savais pratiquement rien du personnage, ce fut donc une totale découverte. Le livre aborde la jeunesse de Sonia, ainsi que les événements marquants de sa vie mais surtout il évoque la maladie de Parkinson dont souffre la créatrice. Les écrits de Judith Perrignon sont mêlés aux pensées de Sonia, des mots parfois difficiles pour définir la maladie, la P de P, la putain de Parkinson. Sonia Rykiel nous apparaît comme une femme forte, déterminée, une femme de pouvoir qui se bat contre une maladie qui l’affaiblit, qui l’empêche d’être totalement elle dans un milieu où seule l’apparence et la façon dont on se présente aux autres compte.

Image

« Elle croyait aux silhouettes fières, à commencer par la sienne, elle pensait qu’elle pouvait tout retenir, tout contrôler, elle était responsable d’elle même, elle vieillirait en se tenant droite, avec des rides et de l’élégance. Ce fut vrai pendant 10 ans. Elle n’y arrive plus.  »

« Ceux qui travaillent avec moi ne veulent pas de ma béquille sur les photos. Pas plus si je reçois quelqu’un. Pas de béquille sur la photo Sonia, ce n’est pas possible. Je hurle : Il me la faut, je ne peux pas marcher sans. Je ne veux pas, je ne peux pas.  »

« Il y’a un mot qu’elle aime parce qu’il les rapproche : créateur. C’est un travailleur de force, une personne fragile, qui ne supporte pas les critiques, qui joue tout le temps, qui veut la première place. »

« Le P de P s’est mis entre elle et leurs regards, il l’a ramenée au commun des mortels, a stoppé son mouvement, sa fuite, il a finalement mis ses pas dans ceux de sa mère. […] Dans la colère et le regard fixe de Sonia qui ne se résigne pas , il y’a toujours elle et sa mère : » maman pensait sans le dire : faut que tu sois intelligente parce que tu n’es pas belle », elle face au monde qui depuis toujours dévisage les femmes. « 

Publicités