#14 Avoir un corps

Arpenter les allées des libraires pour trouver les prochains livres qui m’accompagneront tous les jours, cela a toujours été un vrai plaisir. Comment choisir un livre? Qu’est ce qui attire l’oeil en premier? La couverture, le titre, l’auteur? Mardi, c’est l’auteur qui a déterminé mon choix.  J’ai donc jeté mon dévolu sur « Avoir un corps » de Brigitte Giraud. Il y’a quelques mois, la lecture de son livre « L’amour est très surestimé » m’avait énormément touché. C’est donc naturellement, après une brève lecture de la quatrième de couverture que je repars avec ce nouveau libre sur le bras.

Aussitôt rentrée, aussitôt entamé, déjà terminé! J’ai retrouvé dans ce livre tout ce qui m’avait plus dans le précédent, la simplicité de l’écriture, la justesse des mots et l’identification aux personnages rendue possible par la « banalité » des faits racontés. 222 pages qui retrace la vie de la protagoniste, sans jamais mentionner son prénom, 222 pages qui balaient son enfance, son adolescence et sa vie d’adulte. Des anecdotes par ci par là, parfois des descriptions plus poussées, de quoi parfois être un peu déboussolée car c’est son histoire à elle qu’on suit et rien d’autre.  Le fil conducteur du roman, c’est cette femme, ses peurs, ses interrogations, ses joies et surtout ses peines.

 » Ça commence avec une parole de ma mère. Désignant le sandwich que je viens de me confectionner avec une épaisse couche de beurre, elle espère que je ne vais pas « manger tout ça ». Comme je la toise du haut de mes treize ans, elle ajoute que je vais prendre des formes (encore cette histoire de formes). […] Je comprends et puis je doute, et, pour la première fois, je regarde mon corps comme un objet sur lequel je peux agir. […] Cette idée est un poison, le début de l’inquiétude. » 

Le roman insiste particulièrement sur les différentes étapes qui constituent la vie de cette héroïne, cette mademoiselle tout le monde qui sort de l’enfance, puis de l’adolescence, qui découvre la maternité et les aléas de la vie.

« Je ne veux pas et puis j’y pense. Je suis vrillée par la contradiction. Un enfant je n’en suis pas capable. J’ai envie et je suis effrayée. Cela dure longtemps, l’impossibilité d’admettre que je peux fabriquer des pieds, des yeux et des bras. Et un être dont je serais responsable. » 

Une histoire loin d’être exceptionnelle, ici pas de zombies, pas de vampires, pas de gouvernement tyrannique, juste le récit d’une vie qui passe et du besoin constant d’adaptation.

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