Mois: janvier 2015

#15 Les gens heureux lisent et boivent du café

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux »

Clairement, une première page avec ses mots, cela n’annonce pas une franche partie de rigolade. Et effectivement « Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand a de quoi décrocher une larme aux âmes sensibles. J’étais bien contente de le lire au calme chez moi plutôt qu’en public.

Ce livre c’est l’histoire de Diane, jeune trentenaire qui perd tragiquement son mari et sa fille. Un deuil difficile, une envie de voyage, des rencontres, des bonnes et des mauvaises, de l’espoir et puis de la tristesse. L’écriture y est fluide, ponctuée de dialogues, on s’imagine aisément les scènes dans sa tête, je l’ai lu en une seule fois, 2 heures, impossible de m’arrêter. Plus on avance dans la lecture plus les événements nous semblent prévisibles, après le deuil on imagine bien aisément une jolie rencontre, une reconstruction pour l’héroïne comme dans n’importe quel roman qui traite d’amour. C’est pas débordant d’originalité mais c’est joli. Finalement plus léger qu’on ne pourrait le penser, parfois même un peu simplet. Une mention spéciale pour la fin qui redonne un twist à l’histoire, pas vraiment ce que à quoi je m’attendais.

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#14 Avoir un corps

Arpenter les allées des libraires pour trouver les prochains livres qui m’accompagneront tous les jours, cela a toujours été un vrai plaisir. Comment choisir un livre? Qu’est ce qui attire l’oeil en premier? La couverture, le titre, l’auteur? Mardi, c’est l’auteur qui a déterminé mon choix.  J’ai donc jeté mon dévolu sur « Avoir un corps » de Brigitte Giraud. Il y’a quelques mois, la lecture de son livre « L’amour est très surestimé » m’avait énormément touché. C’est donc naturellement, après une brève lecture de la quatrième de couverture que je repars avec ce nouveau libre sur le bras.

Aussitôt rentrée, aussitôt entamé, déjà terminé! J’ai retrouvé dans ce livre tout ce qui m’avait plus dans le précédent, la simplicité de l’écriture, la justesse des mots et l’identification aux personnages rendue possible par la « banalité » des faits racontés. 222 pages qui retrace la vie de la protagoniste, sans jamais mentionner son prénom, 222 pages qui balaient son enfance, son adolescence et sa vie d’adulte. Des anecdotes par ci par là, parfois des descriptions plus poussées, de quoi parfois être un peu déboussolée car c’est son histoire à elle qu’on suit et rien d’autre.  Le fil conducteur du roman, c’est cette femme, ses peurs, ses interrogations, ses joies et surtout ses peines.

 » Ça commence avec une parole de ma mère. Désignant le sandwich que je viens de me confectionner avec une épaisse couche de beurre, elle espère que je ne vais pas « manger tout ça ». Comme je la toise du haut de mes treize ans, elle ajoute que je vais prendre des formes (encore cette histoire de formes). […] Je comprends et puis je doute, et, pour la première fois, je regarde mon corps comme un objet sur lequel je peux agir. […] Cette idée est un poison, le début de l’inquiétude. » 

Le roman insiste particulièrement sur les différentes étapes qui constituent la vie de cette héroïne, cette mademoiselle tout le monde qui sort de l’enfance, puis de l’adolescence, qui découvre la maternité et les aléas de la vie.

« Je ne veux pas et puis j’y pense. Je suis vrillée par la contradiction. Un enfant je n’en suis pas capable. J’ai envie et je suis effrayée. Cela dure longtemps, l’impossibilité d’admettre que je peux fabriquer des pieds, des yeux et des bras. Et un être dont je serais responsable. » 

Une histoire loin d’être exceptionnelle, ici pas de zombies, pas de vampires, pas de gouvernement tyrannique, juste le récit d’une vie qui passe et du besoin constant d’adaptation.

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